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Cannabis

Cannabis : comprendre ses effets et la dépendance, et arrêter si vous le souhaitez

⏱ 8 min de lectureRédigé par l'équipe éditoriale Eos CarePublié le Mis à jour le

Le cannabis est le produit illicite le plus consommé en France. Il fait l’objet d’une forte banalisation. Pourtant, ses effets sur le cerveau, la santé mentale et la vie quotidienne sont bien documentés, en particulier quand la consommation est régulière ou commence tôt. Cette page fait le tour de la question, sans dramatiser ni banaliser : ce qu’est le cannabis, ses effets, ses risques, la dépendance, et comment arrêter. Chaque partie renvoie vers un article qui détaille le sujet.

En résumé

En 2023, la moitié des adultes de 18 à 64 ans avaient déjà consommé du cannabis, et environ un sur dix en avait consommé dans l’année.

Le cannabis perturbe l’attention, la mémoire et les réflexes. Il peut provoquer des crises d’angoisse et augmenter le risque de troubles psychotiques. Il est plus fort qu’avant, et plus risqué à l’adolescence.

Une consommation régulière peut entraîner une dépendance, surtout psychologique. On peut arrêter, seul ou accompagné : des aides gratuites existent.

Qu’est-ce que le cannabis ?

Le cannabis provient d’une plante, le chanvre. Il se présente surtout sous forme d’herbe (feuilles, tiges et fleurs séchées) ou de résine (le « haschisch » ou « shit »), plus rarement sous forme d’huile, de cire ou d’e-liquide.

Il contient plusieurs substances, les cannabinoïdes. Les plus connus sont le THC, responsable des effets euphorisants, et le CBD. Plus la teneur en THC est élevée et celle en CBD faible, plus les effets sont puissants. Or le cannabis vendu aujourd’hui est bien plus fort qu’avant : selon l’OFDT, la teneur moyenne en THC de la résine est passée de 12,3 % en 2011 à 29 % en 2023.

Le cannabis est le plus souvent fumé, roulé avec du tabac dans un joint, mais il peut aussi être vaporisé ou avalé, par exemple dans un gâteau. En France, il est classé comme stupéfiant : son usage est interdit et puni par la loi.

Le CBD vendu en boutique est autre chose : il ne contient pas plus de 0,3 % de THC et n’a pas d’effet euphorisant. Voir CBD et cannabis. Le cannabis à usage médical, lui, a fait l’objet d’une expérimentation encadrée en France de 2021 à 2024 : voir le cannabis thérapeutique.

Quelques chiffres

Selon l’OFDT, en 2023, 50,4 % des adultes de 18 à 64 ans avaient déjà consommé du cannabis, et 10,8 % en avaient consommé dans l’année (23,5 % chez les 18-24 ans). On compte environ 900 000 usagers quotidiens en France (2022).

Chez les jeunes, la consommation recule : en 2017, 39 % des adolescents de 17 ans avaient déjà fumé du cannabis, le niveau le plus bas depuis 2002. En 2022, 4,8 % des jeunes de 17 ans présentaient un risque élevé d’usage problématique, et environ 54 000 personnes ont été prises en charge en CSAPA pour leur usage de cannabis.

Les effets du cannabis

Ce que l’on ressent

Les effets recherchés sont une détente, une baisse du stress, des perceptions plus intenses et une désinhibition. Fumé, le cannabis agit en quelques secondes à quelques minutes, pendant 2 à 4 heures ; avalé, ses effets arrivent plus tard, entre une demi-heure et deux heures après, et durent 4 à 6 heures. Leur intensité varie selon la personne, le contexte, la quantité et la teneur en THC.

Les effets indésirables les plus fréquents sont une baisse de la concentration, une bouche sèche, des yeux rouges, une accélération du cœur, une augmentation de l’appétit, parfois des nausées.

Sur le cerveau

Dès les premières prises, le cannabis perturbe l’attention, la mémoire à court terme et la coordination, et allonge le temps de réaction. Après une consommation ponctuelle, ces troubles se dissipent en quelques heures. Chez les usagers réguliers, ils peuvent s’installer plus durablement, avec des difficultés à l’école ou au travail et une perte de motivation. Voir les effets du cannabis sur le cerveau.

Sur la santé mentale

  • Le bad trip : une angoisse intense, avec tremblements, sueurs froides, palpitations, parfois hallucinations. Il peut survenir dès la première prise, surtout avec un produit très dosé ou mélangé à l’alcool, et ne laisse en général pas de séquelles. Voir cannabis, anxiété et bad trip.
  • L’anxiété et la dépression : l’usage régulier est associé à davantage de troubles anxieux et dépressifs, dans une relation qui fonctionne dans les deux sens.
  • Les troubles psychotiques : consommer du cannabis environ double le risque de troubles psychotiques, davantage si l’usage commence avant 15 ans ou en cas d’antécédents familiaux (Inserm, Santé publique France). Voir cannabis, psychose et schizophrénie.

Sur le corps

La fumée d’un joint contient plus de produits toxiques que la seule fumée de tabac, avec jusqu’à 6 fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone : elle abîme les voies respiratoires (décryptage réalisé avec Santé publique France). Comme le cannabis est le plus souvent fumé avec du tabac, on cumule aussi les risques des deux produits. Chez certains usagers réguliers, le cannabis peut provoquer des crises de vomissements à répétition : voir le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde.

Au quotidien

  • Le sommeil : le cannabis facilite l’endormissement mais perturbe les cycles du sommeil. Voir cannabis et sommeil.
  • La route : conduire après avoir consommé du cannabis double le risque de provoquer un accident mortel ; avec de l’alcool, ce risque est multiplié par 29 (Sécurité routière). Voir cannabis et conduite et le mélange alcool et cannabis.
  • La grossesse : le cannabis est fortement déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement. Voir cannabis et grossesse.

Un produit plus risqué à l’adolescence

Jusqu’à environ 25 ans, le cerveau est en pleine maturation, ce qui rend les jeunes plus vulnérables aux effets du cannabis. Plus la consommation régulière commence tôt, en particulier avant 15 ans, plus elle freine le développement cérébral et augmente le risque de dépendance. Il est donc recommandé de retarder au maximum la première consommation. Pour les parents, voir mon ado fume du cannabis : comment réagir.

Beaucoup d’idées reçues entourent aussi le cannabis : « drogue douce », « naturel », « moins nocif qu’une cigarette ». Voir les idées reçues sur le cannabis.

La dépendance au cannabis

Une consommation régulière peut entraîner une dépendance. Parmi les critères de dépendance (DSM-5) présentés par la MILDECA, les signes à repérer sont :

  • ne pas réussir à s’empêcher de consommer, malgré les conséquences négatives ;
  • avoir besoin de consommer plus pour obtenir le même effet ;
  • ressentir des symptômes de manque à l’arrêt ;
  • avoir des envies irrésistibles de consommer.

La dépendance est surtout psychique, mais des symptômes physiques sont possibles au sevrage. Le test CAST aide à faire le point en six questions : voir la dépendance au cannabis et le test CAST.

Arrêter le cannabis

Se préparer

Il est possible d’arrêter seul, et beaucoup y parviennent. La volonté est essentielle, mais il est très important de se préparer : réfléchir à ses raisons, anticiper les situations et les lieux associés à la consommation, modifier certaines habitudes, s’appuyer sur son entourage. Il est conseillé de rencontrer un professionnel de l’addictologie avant l’arrêt pour faire le point. Voir arrêter le cannabis.

Traverser le sevrage

Chez les consommateurs réguliers, l’arrêt peut provoquer des symptômes de manque : irritabilité, stress, anxiété, troubles du sommeil, sueurs, perte d’appétit, tristesse. Ils apparaissent en général 3 à 4 jours après l’arrêt, sont surtout présents les deux premières semaines, puis diminuent ; les troubles du sommeil peuvent durer quelques semaines. Comme le cannabis est souvent fumé avec du tabac, on peut aussi être en manque de nicotine : des substituts nicotiniques peuvent alors aider. Voir le sevrage du cannabis.

Une reprise n’est pas un échec définitif : elle fait partie du parcours. L’important est de se remobiliser au plus vite, et de repérer les lieux, les moments ou les personnes qui donnent envie de consommer.

Où se faire aider ?

  • Les CSAPA (centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) accueillent gratuitement et de façon confidentielle, dans tous les départements. Leurs équipes proposent un accompagnement vers l’arrêt ou une consommation moindre, et accueillent aussi l’entourage.
  • Les Consultations jeunes consommateurs (CJC) accueillent gratuitement les jeunes, principalement de 12 à 25 ans, et leurs parents.
  • Le médecin traitant peut aussi être une première porte d’entrée.
  • L’application Jeanne, conçue par Santé publique France, propose un programme gratuit et anonyme de 35 jours pour arrêter ou diminuer.
  • Drogues Info Service répond au 0 800 23 13 13, de façon anonyme et gratuite, tous les jours.

Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.

Et si l’on consomme aussi de l’alcool ou du tabac ?

Le cannabis est le plus souvent fumé avec du tabac, qui entretient une dépendance à la nicotine, et l’alcool en augmente certains risques, comme le bad trip ou l’accident de la route. Pour faire le point sur ces produits, voir le tabac et l’alcool.

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Eos Care est une clinique d'addictologie : un suivi médical spécialisé, 100 % à distance et confidentiel, sans reste à charge et sans délai, pour reprendre le contrôle de ses consommations.

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Questions fréquentes

Le cannabis rend-il dépendant ?

Oui, une consommation régulière peut entraîner une dépendance. Les signes à repérer (critères du DSM-5) : ne pas réussir à s'empêcher de consommer malgré les conséquences, avoir besoin de plus pour le même effet, ressentir un manque à l'arrêt, des envies irrésistibles de fumer. En 2022, environ 54 000 personnes ont été prises en charge en CSAPA pour leur usage de cannabis, selon l'OFDT.

Combien de temps le cannabis fait-il effet ?

Quand il est fumé, ses effets apparaissent en quelques secondes à quelques minutes et durent entre 2 et 4 heures. Avalé, par exemple dans un gâteau, il agit au cours de la digestion, entre une demi-heure et deux heures après la prise, et ses effets durent 4 à 6 heures. Leur intensité varie selon la personne, la quantité et la teneur en THC.

Le cannabis est-il légal en France ?

Non. Le cannabis est classé comme stupéfiant en France (ANSM) : son usage est interdit et puni par la loi, comme sa vente et sa présentation sous un jour favorable. Conduire après en avoir consommé est aussi interdit, sans seuil. Le CBD, lui, est autorisé sous conditions, et un cannabis médical a fait l'objet d'une expérimentation encadrée.

Combien de temps durent les symptômes de manque ?

Chez les consommateurs réguliers, les symptômes de manque (irritabilité, anxiété, troubles du sommeil, perte d'appétit…) apparaissent en général 3 à 4 jours après l'arrêt. Ils sont surtout présents pendant les deux premières semaines, puis diminuent ; les troubles du sommeil peuvent durer quelques semaines.

Peut-on arrêter le cannabis seul ?

Oui, c'est possible, et beaucoup y parviennent. La volonté compte, mais la préparation aussi : réfléchir à ses raisons, anticiper les situations à risque, s'appuyer sur son entourage. Il est conseillé de rencontrer un professionnel avant l'arrêt pour faire le point. Les CSAPA, les Consultations jeunes consommateurs et l'application Jeanne sont gratuits.

Qu'est-ce qu'un bad trip ?

C'est un malaise aigu lié à la prise de cannabis : angoisse intense, tremblements, sueurs froides, palpitations, parfois hallucinations ou confusion. Il peut survenir chez tout usager, même lors de la première prise, en particulier avec un produit très dosé en THC ou mélangé à de l'alcool. Il ne laisse en général pas de séquelles. Ne laissez pas la personne seule et appelez le 15 si son état inquiète.

Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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