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Cannabis

Dépendance au cannabis : les signes et le test CAST pour faire le point

⏱ 6 min de lectureRédigé par l'équipe éditoriale Eos CarePublié le Mis à jour le

Vous fumez du cannabis et vous vous demandez si vous êtes dépendant ? Cette page présente les signes qui doivent alerter, les critères utilisés par les médecins et le questionnaire CAST, un test simple pour faire le point.

En résumé

Une consommation régulière de cannabis peut entraîner une dépendance, surtout psychologique.

Les signes qui doivent alerter : ne plus réussir à s’en passer malgré les conséquences, avoir besoin de plus, ressentir un manque à l’arrêt, des remarques répétées des proches.

Le test CAST, mis au point par l’OFDT, comporte six questions sur les 12 derniers mois. C’est un outil de repérage : seul un professionnel peut poser un diagnostic.

Un résultat qui inquiète n’est pas une fatalité : des aides gratuites existent pour réduire ou arrêter.

Qu’est-ce que la dépendance au cannabis ?

La consommation régulière de cannabis peut entraîner une dépendance. Cette dépendance est psychique : les pensées se centrent sur la recherche, l’achat et la planification des consommations.

Entre une consommation sans problème et une dépendance, il existe un entre-deux. Une consommation devient problématique quand elle entraîne des difficultés physiques, psychologiques, affectives, familiales ou professionnelles, même sans dépendance. La dépendance, elle, transforme le produit en besoin : on ne peut plus s’en passer, et on finit par consommer pour ne plus être en manque.

Aujourd’hui, les médecins parlent plutôt de « trouble de l’usage du cannabis ». Depuis 2013, la classification américaine des troubles mentaux (DSM-5) regroupe l’abus et la dépendance sous ce terme. Ces notions sont les mêmes pour toutes les substances : voir aussi usage, trouble de l’usage et dépendance.

Les signes qui doivent alerter

Parmi les critères de dépendance (DSM-5) figurent quatre signes à repérer :

  • on ne peut pas s’empêcher de consommer, malgré les conséquences négatives ;
  • on augmente les doses pour obtenir le même effet : c’est la tolérance ;
  • des symptômes apparaissent à l’arrêt : c’est le syndrome de sevrage ;
  • on ressent un besoin irrésistible de consommer : c’est le craving.

D’autres effets révèlent un usage problématique : des difficultés de concentration ou scolaires, des préoccupations centrées sur le fait de se procurer le produit et de le consommer, un isolement social, une perte de motivation. Fumer pour rechercher la « défonce », ou pour calmer une douleur, l’angoisse ou pour dormir, sont des facteurs de gravité.

Les remarques répétées de vos proches sont aussi un signal d’avertissement.

Le manque à l’arrêt (irritabilité, troubles du sommeil, perte d’appétit…) est détaillé dans la page sur le sevrage du cannabis.

Les critères utilisés par les médecins

Le DSM-5 retient 11 critères pour les addictions :

  • un besoin impérieux et irrépressible de consommer (craving) ;
  • une perte de contrôle sur la quantité et le temps consacré à consommer ;
  • beaucoup de temps consacré à se procurer la substance ;
  • une augmentation de la tolérance ;
  • un syndrome de sevrage à l’arrêt ;
  • l’incapacité de remplir des obligations importantes ;
  • un usage même quand il y a un risque physique ;
  • des problèmes personnels ou sociaux ;
  • un désir ou des efforts persistants pour diminuer ;
  • des activités réduites au profit de la consommation ;
  • la poursuite de la consommation malgré les dégâts physiques ou psychologiques.

On parle de trouble de l’usage du cannabis à partir de deux critères sur une période de 12 mois (revue OFDT, 2013). Le trouble est dit faible avec 2 ou 3 critères, modéré avec 4 ou 5, sévère à partir de 6 (MILDECA). Ce diagnostic relève d’un professionnel de santé.

Qui est concerné ?

Le cannabis est de loin la substance illicite la plus consommée en France. En 2023, 10,8 % des 18-64 ans en avaient consommé dans l’année (OFDT). En 2021, 3,0 % des adultes en avaient un usage régulier (au moins 10 fois dans le mois) et 1,7 % un usage quotidien (OFDT et Santé publique France).

Chez les jeunes, en 2022, 4,8 % des adolescents de 17 ans présentaient un risque élevé d’usage problématique selon le test CAST. La même année, environ 54 000 personnes ont été prises en charge en CSAPA pour un usage de cannabis (OFDT).

Plusieurs facteurs augmentent le risque. Une consommation précoce peut accroître le risque de dépendance. Plus largement, une addiction dépend de la personne, du produit et de l’environnement.

Le test CAST : six questions pour faire le point

Le CAST (Cannabis Abuse Screening Test) a été mis au point dans les années 2000 par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). C’est l’échelle de repérage la plus utilisée en Europe. Elle sert à repérer un usage problématique de cannabis : c’est un premier repérage, avant un éventuel diagnostic par un professionnel.

Répondez en pensant aux 12 derniers mois :

  1. Avez-vous déjà fumé du cannabis avant midi ?
  2. Avez-vous déjà fumé du cannabis lorsque vous étiez seul(e) ?
  3. Avez-vous déjà eu des problèmes de mémoire quand vous fumez du cannabis ?
  4. Des amis ou des membres de votre famille vous ont-ils déjà dit que vous devriez réduire votre consommation de cannabis ?
  5. Avez-vous déjà essayé de réduire ou d’arrêter votre consommation de cannabis sans y parvenir ?
  6. Avez-vous déjà eu des problèmes à cause de votre consommation de cannabis (dispute, bagarre, accident, mauvais résultat à l’école…) ?

Calculer son score

Dans la version de l’OFDT, chaque question est notée selon la fréquence : jamais = 0, rarement = 1, de temps en temps = 2, assez souvent = 3, très souvent = 4. Le total va de 0 à 24 (OFDT, guide d’aide à l’arrêt du cannabis) :

  • moins de 3 : usage sans risque repéré ;
  • de 3 à 6 : risque faible ;
  • 7 ou plus : risque élevé de dépendance.

Questionnaire CAST : faites le point sur votre consommation de cannabis

Six questions de l'outil de repérage de l'OFDT, sur les 12 derniers mois. Vos réponses restent sur votre appareil.

1. Avez-vous déjà fumé du cannabis avant midi ?
2. Avez-vous déjà fumé du cannabis lorsque vous étiez seul(e) ?
3. Avez-vous déjà eu des problèmes de mémoire quand vous fumez du cannabis ?
4. Des amis ou des membres de votre famille vous ont-ils déjà dit que vous devriez réduire votre consommation de cannabis ?
5. Avez-vous déjà essayé de réduire ou d'arrêter votre consommation de cannabis sans y parvenir ?
6. Avez-vous déjà eu des problèmes à cause de votre consommation de cannabis (dispute, bagarre, accident, mauvais résultat à l'école…) ?

La version en oui ou non

La HAS propose aux médecins une version plus simple, où l’on compte les réponses « oui » :

  • une réponse positive : s’informer sur les risques ;
  • deux réponses positives : s’interroger sérieusement sur les conséquences de sa consommation ;
  • trois réponses positives ou plus : demander de l’aide et consulter en addictologie.

Après le test : que faire ?

Un score élevé n’est pas un diagnostic, mais un signal à prendre au sérieux. Un score faible ne veut pas dire que la consommation est sans risque.

Pour y voir plus clair, on peut essayer de ne pas consommer pendant un certain temps. Si c’est difficile, cela peut vous amener à vous interroger sur la place du cannabis dans votre vie.

Quelles que soient les quantités ou la fréquence, il ne faut pas hésiter à demander conseil :

  • aux consultations jeunes consommateurs (CJC), gratuites et confidentielles, surtout pour les 12-25 ans et leurs parents ;
  • à un CSAPA (centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie), gratuit et confidentiel ;
  • à votre médecin traitant ;
  • à Drogues Info Service, au 0 800 23 13 13, anonyme et gratuit, tous les jours de 8 h à 23 h.

Si vous souhaitez réduire ou arrêter, voir comment arrêter le cannabis. Si vous êtes parent, voir mon ado fume du cannabis. Pour une vue d’ensemble du produit, voir la page cannabis. Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.

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Questions fréquentes

Comment savoir si je suis dépendant au cannabis ?

Plusieurs signes doivent alerter : ne pas réussir à s'empêcher de fumer malgré les conséquences, avoir besoin de plus pour obtenir le même effet, ressentir un manque à l'arrêt, ou un besoin irrésistible de consommer. Les remarques répétées de vos proches sont aussi un signal. Le test CAST aide à faire le point, mais seul un professionnel peut poser un diagnostic.

Qu'est-ce que le test CAST ?

Le CAST (Cannabis Abuse Screening Test) est un questionnaire de repérage de l'usage problématique de cannabis, mis au point par l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Il comporte six questions sur les 12 derniers mois : fumer avant midi ou seul, problèmes de mémoire, remarques des proches, échec pour réduire, problèmes liés à la consommation. C'est l'échelle la plus utilisée en Europe.

Quel score au test CAST doit inquiéter ?

Avec la version notée de 0 à 24, l'OFDT considère qu'un score de 3 à 6 correspond à un risque faible, et qu'un score de 7 ou plus signale un risque élevé de dépendance. Dans la version en oui ou non utilisée par la Haute Autorité de santé, deux réponses positives invitent à s'interroger sérieusement, et trois ou plus à consulter en addictologie.

La dépendance au cannabis est-elle physique ou psychologique ?

Elle est surtout psychique : les pensées se centrent sur la recherche, l'achat et la planification des consommations. Il n'est toutefois pas anormal de ressentir des symptômes physiques à l'arrêt, comme des sueurs ou des maux de tête, souvent liés à l'anxiété. Ce manque fait partie des signes de dépendance.

Le cannabis rend-il vraiment dépendant ?

Oui, une consommation régulière peut entraîner une dépendance. L'usage problématique et la dépendance au cannabis sont aujourd'hui bien documentés, et les risques sont d'autant plus élevés que la consommation commence tôt. En 2022, selon l'OFDT, environ 54 000 personnes ont été prises en charge dans un centre d'addictologie (CSAPA) pour leur usage de cannabis.

Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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