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Cannabis

Arrêter le cannabis : comment s'y préparer et se faire aider

⏱ 6 min de lectureRédigé par l'équipe éditoriale Eos CarePublié le Mis à jour le

Vous voulez arrêter de fumer du cannabis, ou vous y pensez. C’est une démarche qui se prépare : clarifier vos raisons, choisir une méthode, anticiper les moments difficiles et savoir vers qui vous tourner.

En résumé

Il est possible d’arrêter le cannabis seul, mais la préparation compte autant que la volonté.

Clarifiez vos raisons, choisissez un jour J et anticipez les situations qui donnent envie de fumer.

Les premières semaines sont les plus difficiles. Un écart n’est pas un échec : il fait partie du parcours.

Des aides gratuites existent : CSAPA, consultations jeunes consommateurs, application Jeanne et ligne d’écoute nationale.

Peut-on arrêter le cannabis seul ?

Oui. Comme pour toutes les drogues, il est possible d’arrêter seul le cannabis, et beaucoup de personnes y parviennent. La volonté est un moteur essentiel, mais il est très important de se préparer.

La difficulté n’est pas la même pour tout le monde. Elle dépend de la régularité de la consommation : on parle de fumeur régulier à partir de plusieurs joints par semaine. Quand une habitude ou une dépendance s’est installée, arrêter peut être plus difficile que prévu. Le tabac, souvent mélangé au cannabis, complique aussi l’arrêt.

Avant de vous lancer, faites le point sur votre consommation (voir la dépendance au cannabis et le test CAST). Il est aussi conseillé de rencontrer un professionnel de l’addictologie avant l’arrêt, pour construire un plan adapté.

Avant d’arrêter : clarifier vos raisons

La première étape consiste à vous demander : « Pourquoi ai-je envie d’arrêter ? » Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons. Les comprendre vous aidera à mieux préparer ce moment.

Il est utile de comprendre d’abord pourquoi vous fumez : plaisir, détente, relations avec les autres, ennui, envie d’éviter certains problèmes. Notez ensuite ce qui vous pousse à arrêter : la santé (mémoire, concentration, respiration, sommeil, anxiété), la vie sociale, l’argent dépensé, la loi.

La Haute Autorité de santé (HAS) propose aux soignants trois échelles de 0 à 10 : votre motivation, le bon moment, et votre confiance dans la réussite du projet. Elles peuvent vous aider à choisir quand commencer.

Choisir une méthode et un jour J

Arrêter d’un coup ou progressivement est une décision qui vous appartient. Certaines personnes arrêtent du jour au lendemain. D’autres préfèrent des objectifs plus petits : par exemple trois jours sans cannabis, puis encore trois jours, et ainsi de suite.

Quelle que soit la méthode, il est conseillé de :

  • choisir votre jour J, le jour d’arrêt, et de vous y tenir ;
  • vous donner une semaine de préparation avant ce jour.

Si vous visez d’abord une réduction, quelques repères aident : fumer moins souvent et en moindre quantité, réduire les occasions, et trouver d’autres moyens d’aller bien.

Changer vos habitudes et gérer les envies

On associe souvent le cannabis à une ambiance, à des personnes, à des lieux. Ce sont des situations à risque, parce qu’elles peuvent déclencher l’envie de fumer.

Ces envies ont une explication. Des signaux associés de façon répétée à la consommation, comme un lieu ou un moment de la journée, finissent par déclencher à eux seuls l’envie de consommer. Ce mécanisme est commun aux addictions : voir aussi la page sur le craving, l’envie irrépressible de consommer.

Plusieurs astuces peuvent aider :

  • trouver de nouvelles activités et de nouveaux centres d’intérêt ;
  • éviter, si possible, les situations où vous fumiez, surtout les premiers mois ;
  • demander le soutien d’un proche, ou arrêter avec un ami ;
  • se détendre autrement : sport, relaxation, sophrologie ;
  • ranger ou jeter les objets liés à la consommation.

Et le tabac ?

Si vous fumez vos joints avec du tabac, vous pouvez aussi être en manque de nicotine en arrêtant le cannabis. Ce manque augmente le stress, les envies fortes de consommer et les sentiments dépressifs. Des substituts nicotiniques peuvent le soulager : demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien. Pour en savoir plus, voir la page sur les substituts nicotiniques.

Attention aussi à ne pas remplacer une dépendance par une autre : plus de cigarettes, plus d’alcool ou des médicaments qui créent une dépendance.

Les premiers jours : à quoi s’attendre

Chez les consommateurs réguliers, l’arrêt peut provoquer des symptômes de manque : irritabilité, anxiété, troubles du sommeil, sueurs, perte d’appétit… Ils peuvent être difficiles à vivre et pousser à refumer. Prévenez votre entourage que vous serez peut-être plus irritable pendant quelques jours.

L’arrêt peut aussi révéler des difficultés que le cannabis masquait : troubles du sommeil, nervosité, anxiété. Pour le détail des symptômes, de leur durée et des moyens de les apaiser, voir le sevrage du cannabis.

Et si vous refumez ?

Une reprise peut être très décourageante. Pourtant, elle fait partie du parcours : c’est une étape, pas un échec définitif. Elle montre que la volonté seule ne suffit pas et qu’il vous faut des alliés.

La rechute est davantage la règle que l’exception, et l’échec ne doit pas être attribué à la personne.

Après un écart, cherchez à comprendre ce qui s’est passé : dans quelle situation étiez-vous, que recherchiez-vous ? Puis remobilisez-vous vite.

Se faire aider pour arrêter le cannabis

Quels accompagnements ?

Selon une revue de la littérature publiée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) et la Fédération Addiction en 2013, aucun médicament n’a été démontré efficace pour le sevrage ou l’envie de cannabis. Les approches qui ont fait leurs preuves sont psychologiques : l’entretien motivationnel, les thérapies cognitives et comportementales et, chez les adolescents, la thérapie familiale. Elles s’accompagnent de la prise en charge des troubles psychiques associés.

Vers qui se tourner ?

  • Votre médecin traitant, sur qui vous pouvez prendre appui en premier lieu.
  • Les CSAPA (centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) : gratuits et confidentiels, présents dans tous les départements ; ils accueillent aussi l’entourage.
  • Les consultations jeunes consommateurs (CJC) : gratuites et confidentielles, surtout pour les 12-25 ans. Les parents peuvent y être reçus, avec ou sans le jeune. La MILDECA en recense 540 lieux. Si vous êtes parent, voir mon ado fume du cannabis : que faire ?
  • L’application Jeanne, de Santé publique France : gratuite et anonyme, 35 jours de coaching pour arrêter ou réduire.
  • Drogues Info Service : 0 800 23 13 13, anonyme et gratuit, tous les jours de 8 h à 23 h, ou par chat sur son site.

Pour une vue d’ensemble du produit et de ses risques, voir la page cannabis. Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.

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Questions fréquentes

Peut-on arrêter le cannabis du jour au lendemain ?

Oui, certaines personnes arrêtent d'un coup, et c'est parfois moins difficile qu'elles ne le pensaient. Une autre voie existe : se fixer de plus petits objectifs, par exemple trois jours sans cannabis, puis encore trois jours. Dans les deux cas, choisir un jour J et se préparer pendant une semaine aide à tenir.

Combien de temps faut-il pour arrêter le cannabis ?

Il n'y a pas de durée unique. Les premières semaines sont les plus difficiles, puis les choses deviennent plus faciles. Les symptômes de manque sont surtout présents les deux premières semaines, et les troubles du sommeil peuvent durer quelques semaines. Il faut du temps pour modifier des habitudes installées.

Faut-il arrêter le tabac en même temps que le cannabis ?

C'est un choix à faire selon votre situation. Le tabac, souvent mélangé au cannabis, complique l'arrêt. En arrêtant le cannabis, on peut aussi être en manque de nicotine, ce qui augmente le stress et les envies. Des substituts nicotiniques peuvent soulager ce manque : demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Existe-t-il un médicament pour arrêter le cannabis ?

Selon la revue de la littérature publiée par l'OFDT et la Fédération Addiction en 2013, aucun médicament n'a été démontré efficace pour le sevrage ou l'envie de cannabis. L'accompagnement repose sur les approches psychologiques : entretien motivationnel, thérapies cognitives et comportementales, thérapie familiale chez les jeunes. Un médecin peut aussi traiter des troubles associés.

Où trouver de l'aide gratuite pour arrêter le cannabis ?

Les CSAPA (centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie) accueillent gratuitement et de façon confidentielle dans tous les départements. Les consultations jeunes consommateurs (CJC) reçoivent surtout les 12-25 ans et leurs parents. Vous pouvez aussi utiliser l'application Jeanne, ou appeler Drogues Info Service au 0 800 23 13 13, tous les jours de 8 h à 23 h.

Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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