Les substituts nicotiniques : formes, efficacité et remboursement
Arrêter de fumer, c’est aussi affronter le manque de nicotine. Les substituts nicotiniques remplacent la nicotine de la cigarette, le temps que le corps s’en déshabitue. Voici comment ils fonctionnent, ce qu’on sait de leur efficacité et comment les obtenir.
Les substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles, comprimés, spray, inhaleur) apportent de la nicotine sans les autres substances toxiques de la fumée, pour soulager le manque.
Recommandés en premier pour arrêter de fumer, ils doivent être bien dosés et pris assez longtemps : au moins trois mois selon la Haute Autorité de santé.
Sur ordonnance, la plupart sont remboursés à 65 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais.
À quoi servent les substituts nicotiniques ?
Chaque cigarette envoie rapidement de la nicotine au cerveau, ce qui soulage le manque sur le moment mais entretient le besoin d’en reprendre. À l’arrêt, ce manque se traduit par des symptômes de sevrage : nervosité, irritabilité, difficultés de concentration, humeur dépressive, appétit augmenté.
Les substituts apportent la nicotine que le corps réclame, mais ils la libèrent doucement, sans pic. Ils évitent aussi toutes les autres substances toxiques contenues dans la cigarette. Le besoin de nicotine diminue alors peu à peu, et l’on peut réduire le dosage jusqu’à ne plus en avoir besoin.
Selon la Haute Autorité de santé (HAS), ces traitements soulagent les symptômes de sevrage, réduisent l’envie de fumer et aident à prévenir les rechutes. Ils agissent sur la dépendance physique ; les dépendances psychologique et comportementale se travaillent en parallèle. Pour une vue d’ensemble de la dépendance au tabac, voir notre page sur le tabac.
Les différentes formes
Le patch
Le patch (ou timbre) se colle sur la peau et se garde toute la journée. La nicotine traverse la peau et passe dans le sang de façon lente et continue.
Les formes orales
Plus rapides, elles se prennent quand l’envie de fumer est forte :
- les gommes à mâcher ;
- les comprimés et pastilles, à sucer ou à laisser fondre ;
- l’inhaleur, qui délivre de fines gouttelettes de nicotine absorbées par la bouche ;
- le spray buccal.
Associer deux formes
La HAS indique que la combinaison d’un patch et d’une forme à action rapide est plus efficace qu’une forme unique. Elle recommande aussi d’adapter le type de substitut aux préférences de la personne.
Sont-ils efficaces ?
Oui. Selon la HAS, quelle que soit leur forme, ils sont plus efficaces que l’absence de traitement ou qu’un placebo et augmentent significativement l’abstinence à six mois.
C’est pourquoi ils sont recommandés comme traitement médicamenteux de première intention. Ils sont plus efficaces associés à un accompagnement par un professionnel de santé, qui reste la base de la prise en charge.
Bien dosé, et assez longtemps
Un dosage adapté
Le dosage doit correspondre à votre niveau de dépendance : demandez conseil à un professionnel de santé ou à un tabacologue de Tabac Info Service au 39 89.
La HAS recommande d’ajuster la dose dès la première semaine, selon les signes ressentis :
- signes d’un dosage trop faible : envie persistante de fumer, irritabilité, anxiété, troubles de l’humeur ou du sommeil, difficultés de concentration, appétit augmenté ;
- signes d’un dosage trop fort : palpitations, maux de tête, bouche pâteuse, nausées, diarrhée, malaise.
Une durée suffisante
Il est recommandé de les utiliser à dose suffisante et assez longtemps, au moins trois mois. Le traitement peut être prolongé aussi longtemps que nécessaire, car l’addiction au tabac est une maladie chronique. L’arrêter trop vite expose au retour du manque et de l’envie de fumer.
Effets indésirables et précautions
Selon la HAS, les substituts ne présentent pas d’effet indésirable grave identifié. Les effets les plus fréquents, selon la forme, sont des maux de tête, un hoquet, des nausées ou une irritation de la bouche ou de la gorge ; une réaction de la peau peut apparaître sous le patch. Ils sont le plus souvent modérés et passagers.
Les substituts sont des médicaments réservés aux fumeurs. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle qu’ils sont contre-indiqués chez les non-fumeurs, chez qui leurs effets indésirables sont plus graves, et qu’ils peuvent eux aussi entraîner une dépendance.
Ils peuvent aussi être utilisés :
- dès 15 ans ;
- chez les personnes atteintes d’une maladie coronarienne, chez qui ils sont bien tolérés ;
- pendant la grossesse, où ils sont moins nocifs que de continuer à fumer, et pendant l’allaitement.
Dans ces situations, un avis médical est nécessaire. Voir aussi tabac et grossesse.
Où les trouver, et sont-ils remboursés ?
Selon Tabac Info Service, les substituts s’achètent en pharmacie sans ordonnance, à vos frais. Avec une ordonnance, ils sont remboursés. Les substituts inscrits sur la liste des médicaments remboursables sont pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie, sans plafond annuel et sans avance de frais chez le pharmacien qui pratique le tiers payant ; votre complémentaire santé peut rembourser le reste.
Depuis 2016, ils peuvent être prescrits non seulement par les médecins, mais aussi par les sages-femmes, les infirmiers, les chirurgiens-dentistes, les masseurs-kinésithérapeutes et les médecins du travail.
Tous ne sont pas remboursés : les pastilles à sucer le sont, mais pas l’inhaleur, par exemple. Demandez à la personne qui vous les prescrit de choisir des substituts pris en charge.
Idées reçues sur les substituts
« Fumer avec un patch, c’est dangereux »
Selon Tabac Info Service, à part un risque de surdosage, il n’y a pas de danger à fumer quelques cigarettes avec un patch. Le vrai risque est de rendre le sevrage plus difficile, car chaque cigarette relance le besoin de nicotine. Continuer à fumer sous substituts traduit le plus souvent un dosage insuffisant.
« On devient dépendant aux gommes »
Selon la HAS, ce risque n’est pas nul, mais reste marginal.
« Les substituts, c’est seulement pour arrêter d’un coup »
L’arrêt immédiat est recommandé en premier. Mais pour les personnes qui ne veulent pas ou n’arrivent pas à arrêter d’un coup, la HAS juge possible une réduction progressive de la consommation sous substituts, en vue d’un arrêt complet.
Et si les substituts ne suffisent pas ?
Des médicaments sur ordonnance, la varénicline et le bupropion, peuvent être proposés en seconde intention. Certains fumeurs choisissent aussi la vape : voir la cigarette électronique pour arrêter de fumer. Médecin, sage-femme, pharmacien ou tabacologue peuvent vous aider à choisir et à ajuster votre traitement.
Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.
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Tiers payant, sans dépassement d’honorairesQuestions fréquentes
Les substituts nicotiniques sont-ils remboursés ?
Oui, la plupart. Sur ordonnance d'un médecin, d'une sage-femme, d'un infirmier, d'un chirurgien-dentiste ou d'un masseur-kinésithérapeute, les substituts inscrits sur la liste des médicaments remboursables sont pris en charge à 65 % par l'Assurance Maladie, sans plafond annuel et sans avance de frais. La complémentaire santé peut couvrir le reste. Certains ne sont pas remboursés, comme l'inhaleur, selon Tabac Info Service.
Peut-on fumer avec un patch ?
Ce n'est pas recommandé : cela rend le sevrage plus difficile, car chaque cigarette relance le besoin de nicotine. La Haute Autorité de santé précise que continuer à fumer sous substituts traduit le plus souvent un dosage insuffisant : parlez-en à un professionnel pour l'ajuster.
Combien de temps faut-il prendre des substituts nicotiniques ?
La Haute Autorité de santé recommande de les utiliser à dose suffisante et assez longtemps, au moins trois mois, et le traitement peut être prolongé aussi longtemps que nécessaire. Le dosage est diminué peu à peu : arrêter trop tôt expose à un retour du manque et de l'envie de fumer.
Quel substitut choisir : patch, gomme ou pastille ?
Le patch diffuse la nicotine de façon continue sur la journée ; les formes orales (gommes, pastilles, comprimés, spray, inhaleur) agissent vite et se prennent quand l'envie de fumer est forte. La Haute Autorité de santé indique qu'associer un patch à une forme orale est plus efficace qu'une forme seule, et que le choix tient compte de vos préférences. Le dosage se décide avec un professionnel.
Peut-on utiliser des substituts nicotiniques enceinte ?
Oui. Selon la Haute Autorité de santé, les substituts nicotiniques utilisés avec un suivi médical pendant la grossesse sont moins nocifs que de continuer à fumer, et toutes les formes peuvent être utilisées, en privilégiant les formes orales. Ils sont aussi utilisables pendant l'allaitement. Parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin, qui peut les prescrire.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.
