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Alcool

Comment arrêter de boire : par où commencer

⏱ 7 min de lectureRelu par Dr Camille Perrotte, psychiatre addictologuePublié le Mis à jour le

Décider d’arrêter de boire, c’est déjà un pas important. Reste la question : comment s’y prendre, concrètement, et sans se mettre en danger ? Cette page présente le parcours complet, de la décision au maintien dans la durée.

En résumé

Avant d’arrêter, faites le point avec un médecin généraliste ou un professionnel de l’addictologie.

Arrêter ou réduire : les deux objectifs sont possibles, et c’est à vous de choisir. L’arrêt complet reste le plus sûr pour la plupart des personnes dépendantes.

En cas de dépendance, un arrêt brutal et sans suivi peut être dangereux. Un accompagnement permet de le faire en sécurité.

De nombreuses aides existent : médecin, CSAPA (accompagnement gratuit), hôpital, service d’écoute téléphonique, groupes d’entraide.

Avant de commencer : faire le point

Avant tout arrêt, il est conseillé de faire le point avec un médecin généraliste ou un professionnel spécialisé en addictologie. Ce premier échange permet de faire le point sur votre consommation et sur votre état de santé, et de construire avec vous un parcours adapté à vos besoins.

Vous pouvez aussi commencer par vous évaluer vous-même. Des outils d’auto-évaluation sont disponibles et peuvent être utilisés en autonomie. La Haute Autorité de santé précise que ces outils servent de support pour la rencontre suivante et doivent toujours être complétés par un vrai dialogue avec un professionnel. Pour commencer : faire le test de dépendance à l’alcool.

Arrêter ou réduire : choisir son objectif

Il n’y a pas un seul bon objectif. La Société française d’alcoologie (recommandation de bonne pratique, version actualisée en 2023) recommande aux soignants d’accepter, lors de la première évaluation, l’objectif de consommation choisi par la personne.

Selon ces mêmes recommandations :

  • l’arrêt complet (abstinence) est l’objectif le plus sûr pour la plupart des personnes dépendantes à l’alcool, et pour celles dont la consommation s’accompagne d’une maladie physique ou psychique importante (par exemple une dépression ou une maladie du foie liée à l’alcool) ;
  • la réduction de la consommation est un objectif alternatif. Elle peut être proposée directement quand le trouble est peu sévère, ou quand la personne ne souhaite pas, ou ne peut pas encore, s’engager vers l’arrêt.

Si vous choisissez de réduire, chaque pas compte. Chacun peut diminuer les risques liés à ses usages d’alcool, et toute action en ce sens, même infime en apparence, peut avoir un effet positif pour soi et pour son entourage. Une réduction durable est un résultat positif, qui peut être une première étape vers une réduction plus importante.

Pour les méthodes concrètes, voir comment réduire sa consommation d’alcool.

Peut-on arrêter seul ?

Oui, c’est possible : on peut arrêter l’alcool sans aide extérieure. Si l’on ne boit pas tous les jours, ou si l’on n’a jamais ressenti de signe de manque, on peut diminuer progressivement sa consommation, voire l’arrêter.

Mais il faut rester attentif aux signes de sevrage : tremblements (des doigts, des mains), sueurs, sensation de confusion. Si les symptômes de manque sont trop intenses, n’hésitez pas à appeler votre médecin. Ces symptômes apparaissent quelques heures après l’arrêt.

Quand un trouble de l’usage de l’alcool est installé, la Haute Autorité de santé souligne le danger possible d’un arrêt brutal, d’autant plus en cas de symptômes de manque ou d’antécédent de sevrage difficile. Ce trouble n’est d’ailleurs pas toujours repéré par la personne elle-même. Il est fortement conseillé de consulter son médecin avant d’arrêter si :

  • vous avez déjà essayé d’arrêter seul et ressenti des symptômes difficiles à supporter ;
  • vous avez déjà fait un delirium tremens : dans ce cas, un avis médical est absolument nécessaire avant de commencer ;
  • vous souffrez d’une maladie.

Se faire aider ne veut pas dire que l’on n’y arriverait pas seul. Quelle que soit votre situation, être accompagné peut être une aide précieuse.

Pour tout savoir sur cette étape : le sevrage, étape par étape.

Les étapes pour se préparer

Un arrêt se prépare. Voici quelques repères simples :

  1. Faites la liste de vos motivations. Elle vous servira dans les moments difficiles ou de doute.
  2. Prévenez les personnes sur qui vous pouvez compter. Leur soutien sera très important.
  3. Repérez les situations qui vous donnent envie de boire, et prévoyez comment les éviter ou y faire face.
  4. Fixez une date pour arrêter.
  5. Informez-vous sur les symptômes de sevrage : mieux vous les connaissez, mieux vous saurez les gérer.

Prévoyez aussi du temps pour vous reposer. Si vous en ressentez le besoin et si c’est possible, organisez-vous pour ne pas travailler pendant une ou deux semaines.

Adapter son environnement

Pour les situations à risque repérées à l’étape 3, on peut notamment :

  • ne plus garder de bouteilles d’alcool chez soi ;
  • les remplacer par des boissons sans alcool que l’on apprécie ;
  • éviter, au moins au début, les personnes avec qui l’on avait l’habitude de boire, et contourner les bars et les magasins qui vendent de l’alcool ;
  • remplacer les moments où l’on buvait par des activités qui font plaisir, idéalement en groupe pour garder le moral et la motivation ;
  • mettre en place des rituels pour se détendre, par exemple le soir avant de se coucher.

Et soyez fier de chaque journée passée sans boire.

Qui peut vous accompagner ?

Il n’existe pas une seule bonne façon d’arrêter. L’important est de connaître les ressources disponibles, pour choisir celle qui convient à votre situation et à vos objectifs.

En ville

Le médecin généraliste est souvent le premier interlocuteur. Vous pouvez aussi vous adresser à des médecins généralistes investis en addictologie, à des addictologues libéraux, à des psychiatres ou des psychologues. Le pharmacien est également un partenaire de proximité.

Les CSAPA

Les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) accueillent toute personne en difficulté avec l’alcool, ainsi que son entourage. On y va pour faire le point sur sa consommation, démarrer une réduction ou un arrêt, parler de ses difficultés psychologiques ou sociales.

L’accompagnement y est gratuit, confidentiel et personnalisé, sans hospitalisation. Lors du premier rendez-vous, un médecin addictologue fait le point sur votre consommation et votre état de santé, et discute avec vous des traitements possibles. Vous pouvez aussi rencontrer un psychologue. Les équipes peuvent continuer à vous suivre bien après l’arrêt ou la réduction, pour vous aider à tenir dans la durée. D’après la MILDECA (2023), on compte 385 CSAPA en France.

À l’hôpital

Selon les territoires, l’hôpital propose des consultations d’addictologie, de l’hospitalisation de jour en addictologie, une hospitalisation complète, notamment pour un sevrage, et des services médicaux de réadaptation (SMR) en addictologie, en relais d’une hospitalisation ou en accès direct.

L’hospitalisation pour un sevrage est souvent proposée aux personnes dépendantes qui ont déjà essayé d’arrêter sans y parvenir, ont ressenti des symptômes de manque difficiles, ont une maladie chronique ou plusieurs addictions. Le séjour dure entre 10 jours et 2 mois environ. Pour être hospitalisé, contactez directement une unité d’addictologie, ou parlez-en à votre médecin.

À distance

Alcool Info Service, le service national d’aide à distance rattaché à Santé publique France, répond au 0 980 980 930, 7 jours sur 7, de 8 h à 2 h. L’appel est anonyme et non surtaxé. Le service propose aussi un chat individuel et des forums.

Vous pouvez également découvrir l’accompagnement Eos Care, un suivi médical à distance.

Les groupes d’entraide

Les mouvements d’entraide s’appuient sur l’expérience de leurs membres. La conférence de consensus de 2001, publiée par la HAS, recommande que la rencontre avec un mouvement d’entraide soit toujours proposée aux personnes dépendantes. Ils peuvent offrir une écoute sans jugement, des groupes de parole et du soutien, même en dehors des heures ouvrées, pour vous comme pour vos proches.

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Questions fréquentes

Peut-on arrêter l'alcool du jour au lendemain ?

Cela dépend de votre situation. Si vous ne buvez pas tous les jours et que vous n'avez jamais ressenti de signes de manque, arrêter est possible sans aide extérieure. En revanche, en cas de trouble de l'usage de l'alcool, un arrêt brutal peut être dangereux, surtout si vous avez déjà eu des symptômes de manque (sueurs, tremblements, anxiété) ou un sevrage difficile. Avant tout arrêt, il est conseillé de faire le point avec un médecin généraliste ou un professionnel de l'addictologie. En cas d'hallucinations, de confusion ou de tremblements intenses, appelez le 15 ou le 112.

Qui consulter pour arrêter de boire ?

Le médecin généraliste est souvent le premier interlocuteur. Vous pouvez aussi vous adresser à un addictologue, à un psychiatre ou à un psychologue, en parler à votre pharmacien, ou contacter un CSAPA (centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie), où un médecin addictologue fait le point avec vous. Les hôpitaux proposent des consultations d'addictologie. Alcool Info Service répond au 0 980 980 930, 7 jours sur 7, de 8 h à 2 h (appel anonyme et non surtaxé).

Arrêter ou réduire : que choisir ?

Les deux objectifs sont possibles, et c'est à vous de choisir : les soignants sont invités à accepter l'objectif de la personne lors de la première évaluation. L'arrêt complet reste l'objectif le plus sûr pour la plupart des personnes dépendantes, et en cas de maladie physique ou psychique associée. La réduction peut être proposée directement quand le trouble est peu sévère, ou quand on ne souhaite pas, ou pas encore, arrêter. Toute réduction durable est un résultat positif.

Est-ce gratuit de se faire aider ?

Oui, certaines aides le sont. L'accompagnement en CSAPA est gratuit, avec une possibilité d'anonymat : ces centres sont financés par l'Assurance maladie.

Sources

  1. Sevrage : ce qu'il faut savoir pour mieux vous préparer — Alcool Info Service (Santé publique France)
  2. Dépendance à l’alcool : comment arrêter de boire — Alcool Info Service (Santé publique France)
  3. Les CSAPA sont là pour vous aider — Alcool Info Service (Santé publique France)
  4. Outil d’aide au repérage précoce et intervention brève : alcool, cannabis, tabac chez l’adulte — Haute Autorité de Santé, 11 février 2021
  5. Agir en premier recours pour diminuer le risque alcool – Repérer tous les usages et accompagner chaque personne — Haute Autorité de Santé, 20 juillet 2023
  6. Modalités de l’accompagnement du sujet alcoolodépendant après un sevrage — ANAES / Société Française d'Alcoologie (conférence de consensus, hébergée par la HAS)
  7. Alcool & Santé — Inserm, 25 octobre 2021
  8. Le dispositif de soins en addictologie — MILDECA, 15 mars 2023
  9. Mésusage de l’alcool : dépistage, diagnostic et traitement — Recommandation de bonne pratique (09 février 2015, version actualisée le 05 juin 2023) — Société Française d'Alcoologie — hébergé par la SFA, pas par la HAS ; aucun label HAS trouvé, 5 juin 2023
  10. Mésusage de l’alcool : dépistage, diagnostic et traitement — Recommandation de bonne pratique (Alcoologie et Addictologie. 2015 ; 37 (1) : 5-84) — Société Française d’Alcoologie
Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care
Relu par Dr Camille Perrotte, psychiatre addictologue — le 12 octobre 2026

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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