Les effets du tabac sur le corps : cancers, cœur, poumons et autres organes
Le tabac abîme presque tous les organes. Cancer du poumon et infarctus sont les plus connus, mais la liste est bien plus longue. Voici le point, organe par organe, d’après les autorités de santé.
Le tabac est la première cause de mortalité évitable en France : plus de 68 000 décès en 2023, selon Santé publique France.
Il favorise au moins 17 types de cancers, les maladies du cœur et des vaisseaux, la BPCO, et touche aussi la fertilité, la peau, les dents ou le diabète.
Il n’existe pas de consommation sans risque, et arrêter réduit ces risques à tout âge.
Le tabac, première cause de mortalité évitable
Selon Santé publique France, plus de 68 000 décès étaient attribuables au tabagisme en France en 2023, soit 11 % de la mortalité totale (16 % chez les hommes, 6 % chez les femmes). Le tabac reste la première cause de mortalité évitable dans le pays.
Le cancer en est la première cause : il représente 55 % des décès liés au tabac chez les femmes et 58 % chez les hommes. Toujours en 2023, un décès sur trois dû à une maladie respiratoire chronique et un décès sur dix dû à une maladie cardiovasculaire ou neurovasculaire étaient imputables au tabagisme.
En moyenne, un fumeur régulier sur deux meurt des conséquences de son tabagisme. Dans le monde, le tabac fait plus de 7 millions de morts par an, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Pourquoi la fumée est si toxique
Selon l’Institut national du cancer (INCa), la fumée de tabac contient 7 000 substances chimiques, dont 70 cancérigènes connus, comme le benzène, l’arsenic ou les goudrons. La nicotine, elle, crée la dépendance, mais elle n’est pas cancérigène : ce sont les produits de la combustion qui rendent malade.
La fumée contient aussi des gaz toxiques, comme le monoxyde de carbone, et des métaux lourds.
Deux points comptent pour comprendre le risque :
- il n’existe pas de seuil sans danger, ni pour le nombre de cigarettes, ni pour la fumée des autres ;
- la durée pèse plus que la quantité : le risque dépend du nombre de cigarettes par jour, mais surtout du nombre d’années de tabagisme.
Les cancers
Le tabac est le premier facteur de risque évitable de cancers. Selon l’INCa, il est responsable de :
- plus de 8 cancers du poumon sur 10 ;
- près de 70 % des cancers des voies aérodigestives supérieures (bouche, larynx, pharynx, œsophage) ;
- 35 % des cancers de la vessie.
Il serait aussi impliqué dans les cancers du foie, du pancréas, de l’estomac, du rein, du col de l’utérus, du sein, du côlon-rectum, de l’ovaire et dans certaines leucémies, soit 17 localisations au total.
Associé à l’alcool, le tabac rend le cancer de l’œsophage plus fréquent (Santé publique France) : voir les effets de l’alcool sur le corps.
Le cœur et les vaisseaux
Le tabagisme est un des principaux facteurs de risque d’infarctus du myocarde. Il est aussi en partie responsable d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), d’anévrismes, d’hypertension artérielle et d’artérite des jambes.
Plusieurs mécanismes s’additionnent :
- le monoxyde de carbone prend la place de l’oxygène dans le sang ;
- la nicotine inhalée contracte les vaisseaux et provoque des spasmes des artères du cœur ;
- la qualité du sang change, et les artères peuvent se boucher.
Les petits fumeurs et les fumeurs occasionnels sont aussi exposés à l’infarctus, à l’AVC ou à la phlébite (Tabac info service). L’atteinte des vaisseaux peut enfin provoquer des troubles de l’érection.
Les poumons et la respiration
Le tabac est le principal facteur de risque des maladies respiratoires. Il favorise ou aggrave l’asthme, les apnées du sommeil et les infections comme la grippe ou la pneumonie.
La BPCO
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une inflammation chronique des bronches. Les voies respiratoires se rétrécissent peu à peu, et les alvéoles des poumons sont progressivement détruites (Inserm). Plus de 80 % des cas sont attribuables au tabagisme, actif ou passif.
Elle s’installe sans bruit : toux chronique avec crachats, essoufflement qui s’aggrave. Si vous avez ces signes et que vous fumez ou avez fumé, parlez-en à votre médecin : une mesure du souffle permet de la repérer.
La BPCO ne se guérit pas, mais sa prise en charge ralentit son évolution. Arrêter de fumer en est la première mesure.
Les autres organes
Le tabac a d’autres effets :
- appareil digestif : gastrites, ulcères de l’estomac et du duodénum ;
- métabolisme : risque accru de diabète de type 2, qui est aussi plus difficile à équilibrer chez les personnes qui fument, et excès de cholestérol ;
- bouche et dents : maladie des gencives (parodontite) pouvant mener à la perte des dents, dents jaunies, mauvaise haleine, goût altéré ;
- peau : rides précoces, teint terne, doigts jaunis, mais aussi eczéma et psoriasis ;
- yeux : cataracte et dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), qui peut mener à la cécité.
Fertilité et grossesse
Le tabac réduit la fertilité des hommes comme des femmes, allonge le délai pour concevoir et diminue les chances de succès d’une procréation médicalement assistée. Pendant la grossesse, il augmente notamment le risque de fausse couche, d’accouchement prématuré et de retard de croissance du bébé. Ce sujet est détaillé dans notre page tabac et grossesse.
Aucune forme de tabac n’est sans risque
Roulé, cigare, pipe, chicha ou cigarettes dites « légères » : le tabac présente un risque quel que soit son mode de consommation. Voir notre page sur la chicha et le tabac à rouler.
La fumée nuit aussi à l’entourage. Selon l’INCa, près de 1 100 décès seraient liés chaque année au tabagisme passif en France. Voir notre page sur le tabagisme passif.
Arrêter réduit les risques, à tout âge
Selon la HAS, arrêter de fumer réduit la mortalité, en particulier celle liée aux maladies cardiovasculaires et au cancer du poumon, et le bénéfice existe quel que soit l’âge. Arrêter de fumer est le moyen de prévention le plus efficace contre le cancer, et il n’est jamais trop tard. Ce qui change, et à quel rythme, est détaillé dans notre page sur les bienfaits de l’arrêt du tabac.
L’arrêt est plus efficace avec l’aide d’un professionnel de santé. Le 39 89 est joignable du lundi au samedi de 8 h à 20 h : un tabacologue peut vous y suivre gratuitement. Pour vous préparer, voir comment arrêter de fumer, et pour une vue d’ensemble, notre page sur le tabac et le tabagisme.
Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.
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Fumer quelques cigarettes par jour, est-ce dangereux ?
Oui. Selon Santé publique France et l'OMS, il n'existe pas de seuil au-dessous duquel fumer est sans danger : les petits fumeurs et les fumeurs occasionnels ont eux aussi des risques, surtout pour le cœur et les vaisseaux (infarctus, accident vasculaire cérébral). Pour les cancers, la durée pendant laquelle on fume compte encore plus que le nombre de cigarettes.
Quels cancers sont causés par le tabac ?
Selon l'Institut national du cancer, le tabac est en cause dans 17 localisations de cancers. Il est responsable de plus de 8 cancers du poumon sur 10, de près de 70 % des cancers de la bouche, de la gorge et de l'œsophage, et de 35 % des cancers de la vessie. Il serait aussi impliqué dans les cancers du pancréas, du rein, du foie, du col de l'utérus ou du sein.
Qu'est-ce que la BPCO ?
La bronchopneumopathie chronique obstructive est une maladie inflammatoire des bronches qui rétrécit progressivement les voies respiratoires. Selon l'Inserm, plus de 80 % des cas sont dus au tabagisme. Elle se manifeste par une toux chronique, des crachats et un essoufflement qui s'aggrave. Elle ne se guérit pas, mais l'arrêt du tabac, première mesure du traitement, ralentit son évolution. Un médecin la diagnostique par une mesure du souffle.
Combien de décès le tabac cause-t-il en France ?
Selon Santé publique France, plus de 68 000 décès étaient attribuables au tabagisme en 2023, soit 11 % de la mortalité totale : 16 % des décès chez les hommes et 6 % chez les femmes. Le tabac reste la première cause de mortalité évitable dans le pays. Les cancers représentent plus de la moitié de ces décès, devant les maladies respiratoires et cardiovasculaires.
Les dégâts du tabac sont-ils réversibles ?
En grande partie, les risques diminuent après l'arrêt. Arrêter de fumer réduit la mortalité, en particulier celle liée aux maladies cardiovasculaires et au cancer du poumon, et le bénéfice existe à tout âge. Certaines maladies installées, comme la BPCO, ne se guérissent pas, mais l'arrêt freine leur évolution. Il n'est jamais trop tard pour arrêter.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.
