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Test de dépendance au tabac : le test de Fagerström

⏱ 5 min de lectureRédigé par l'équipe éditoriale Eos CarePublié le Mis à jour le

Vous fumez et vous vous demandez si vous êtes dépendant à la cigarette ? Le test de Fagerström, en six questions ou en deux, permet de faire le point en une minute sur votre dépendance physique à la nicotine. Voici le test, comment lire votre score, et ce qu’il ne dit pas.

En résumé

Le test de Fagerström évalue la dépendance physique à la nicotine. La Haute Autorité de santé (HAS) recommande aux professionnels de l’utiliser.

La version en six questions donne un score de 0 à 10 : de 7 à 10, la dépendance est forte ou très forte. Une version courte existe en deux questions.

Le test ne mesure pas les dépendances psychologique et comportementale : un score faible n’exclut pas une dépendance.

Quel que soit votre score, un professionnel de santé ou le 39 89 peut vous aider à choisir une méthode et un traitement adaptés.

Pourquoi évaluer sa dépendance au tabac ?

Avant d’arrêter, il est conseillé de connaître son profil de fumeur : son niveau de dépendance, mais aussi les situations et les émotions qui déclenchent l’envie de fumer. Ce point de départ aide à choisir sa stratégie, présentée dans notre page sur comment arrêter de fumer.

L’important est d’abord d’évaluer sa dépendance physique, seul avec un test ou auprès d’un professionnel de santé. Selon le niveau de dépendance, des substituts nicotiniques peuvent diminuer les symptômes du manque. Leur dosage doit être adapté à ce niveau, avec l’avis d’un professionnel.

La HAS recommande aux professionnels de santé d’utiliser le test de dépendance à la cigarette de Fagerström, en deux ou six questions. Vous pouvez le faire vous-même ci-dessous, puis en parler avec votre médecin, votre pharmacien ou un tabacologue.

Le test de Fagerström en six questions

Répondez aux six questions ci-dessous, une seule réponse par question : votre score s’affiche à la fin (outil de la HAS, d’après Heatherton et coll., 1991, et Fagerström, 2012).

Test de Fagerström : évaluez votre dépendance à la nicotine

Six questions de l'outil de la Haute Autorité de santé. Vos réponses restent sur votre appareil.

1. Le matin, combien de temps après être réveillé(e), fumez-vous votre première cigarette ?
2. Trouvez-vous qu'il est difficile de vous abstenir de fumer dans les endroits où c'est interdit ? (ex. : cinémas, bibliothèques)
3. À quelle cigarette renonceriez-vous le plus difficilement ?
4. Combien de cigarettes fumez-vous par jour, en moyenne ?
5. Fumez-vous à intervalles plus rapprochés durant les premières heures de la matinée que durant le reste de la journée ?
6. Fumez-vous lorsque vous êtes malade au point de devoir rester au lit presque toute la journée ?

Lire son score

Le score va de 0 à 10. Selon l’interprétation des auteurs :

  • de 0 à 2 : pas de dépendance ;
  • de 3 à 4 : dépendance faible ;
  • de 5 à 6 : dépendance moyenne ;
  • de 7 à 10 : dépendance forte ou très forte.

La version courte en deux questions

Un test simplifié reprend deux questions du test complet : le nombre de cigarettes fumées par jour et le délai avant la première cigarette du matin.

Test de Fagerström simplifié en deux questions

La version courte de l'outil de la Haute Autorité de santé. Vos réponses restent sur votre appareil.

1. Combien de cigarettes fumez-vous par jour ?
2. Dans quel délai après le réveil fumez-vous votre première cigarette ?

Le score va de 0 à 6. Interprétation selon les auteurs : de 0 à 1, pas de dépendance ; de 2 à 3, dépendance modérée ; de 4 à 6, dépendance forte.

Ce que le test mesure, et ce qu’il ne mesure pas

Seulement la dépendance physique

Le test de Fagerström ne détermine que la dépendance physique à la nicotine, pour adapter le traitement de substitution. La durée du tabagisme n’y entre pas. Certaines personnes ont un score de 7 à 10 après seulement un an de tabagisme : nous ne sommes pas tous égaux face aux addictions.

Trois formes de dépendance

La dépendance au tabac a plusieurs facettes :

  • physique : le manque de nicotine, qui pousse à fumer et peut rendre irritable, anxieux ou triste ;
  • psychologique : fumer pour se détendre, se concentrer ou décompresser ;
  • comportementale : les cigarettes-réflexes, déclenchées par une situation, un lieu ou des personnes.

Un score faible ne veut donc pas dire qu’arrêter sera facile : les habitudes et les émotions comptent aussi. Pour comprendre la dépendance à la nicotine dans son ensemble, voir notre page sur le tabac et le tabagisme.

D’autres signes de dépendance

La HAS demande aux professionnels de repérer aussi les critères de dépendance que le test ignore : symptômes de sevrage, perte de contrôle, désir persistant de fumer ou incapacité à réduire ou arrêter. Une personne est considérée comme dépendante si elle présente l’un de ces critères :

  • elle a rechuté après une tentative d’arrêt ;
  • elle continue à fumer malgré les conséquences sur sa santé ou les risques dans certaines situations, comme une opération ou une grossesse ;
  • elle craint sans cesse d’être à court de tabac.

Vous vous posez la même question pour une autre substance ? Voir le test de dépendance à l’alcool ou notre page sur la dépendance au cannabis.

Après le test : que faire ?

Le score est un repère pour en parler, pas un diagnostic. Quelques points d’appui :

  • Score de 5 ou plus : un document de l’Inpes (2014) indique que vous aurez vraisemblablement besoin d’un traitement de substitution nicotinique. Le choix de la forme et du dosage se fait avec un professionnel de santé.
  • Score de 7 ou plus : dans son avis de mars 2025, la HAS réserve la varénicline, un médicament de seconde intention, aux adultes qui ont une forte dépendance, c’est-à-dire un score d’au moins 7. Les substituts nicotiniques restent le traitement de première intention. Voir notre page sur les médicaments pour arrêter de fumer.
  • Vous n’êtes pas seul : parmi les fumeurs qui ont appelé le 39 89 entre 2018 et 2020, 45,7 % étaient fortement ou très fortement dépendants, contre 16,7 % de l’ensemble des fumeurs vivant en France (Santé publique France, 2024).

Quel que soit votre score, se faire aider augmente les chances de réussir : des conseils et des médicaments peuvent plus que doubler les chances de succès d’une personne qui essaie d’arrêter. Tabac info service recommande notamment de consulter un tabacologue au-delà de 20 cigarettes par jour, en cas d’arrêt pour raison de santé ou après plusieurs tentatives.

Le 39 89, la ligne de Tabac info service, est joignable du lundi au samedi, de 8 h à 20 h : un tabacologue peut faire le bilan de votre tabagisme avec vous et vous suivre gratuitement. Pour savoir vers qui d’autre vous tourner, voir notre page sur le tabacologue et les aides pour arrêter.

Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le test de Fagerström ?

C'est un questionnaire court qui évalue la dépendance physique à la nicotine. Il existe en six questions (score de 0 à 10) et en deux questions (score de 0 à 6). La Haute Autorité de santé recommande aux professionnels de l'utiliser. Il sert surtout à adapter le traitement de substitution nicotinique : il ne mesure ni les habitudes, ni la dépendance psychologique.

Quel score indique une forte dépendance à la nicotine ?

Pour la version en six questions, l'outil de la Haute Autorité de santé indique : de 0 à 2, pas de dépendance ; de 3 à 4, dépendance faible ; de 5 à 6, dépendance moyenne ; de 7 à 10, dépendance forte ou très forte. Pour la version courte en deux questions, un score de 4 à 6 correspond à une dépendance forte.

Peut-on être dépendant au tabac avec un score faible ?

Oui. Le test ne mesure que la dépendance physique. La dépendance au tabac est aussi psychologique et comportementale. Est aussi considérée comme dépendante une personne qui a rechuté après une tentative d'arrêt, qui continue de fumer malgré les conséquences sur sa santé, ou qui craint sans cesse d'être à court de tabac.

Que faire après un score élevé ?

En parler à un professionnel de santé : médecin, pharmacien, sage-femme ou tabacologue. Un document de l'Inpes de 2014 indique qu'à partir d'un score de 5, un traitement de substitution nicotinique sera vraisemblablement nécessaire. Le dosage se décide avec un professionnel. Le 39 89 permet de joindre gratuitement un tabacologue, du lundi au samedi de 8 h à 20 h.

Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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