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Cannabis

Mélanger alcool et cannabis : quels risques ?

⏱ 5 min de lectureRédigé par l'équipe éditoriale Eos CarePublié le Mis à jour le

Une bière et un joint, quelques verres puis quelques taffes : dans les soirées, l’alcool et le cannabis se retrouvent souvent ensemble. Pourtant, associer les deux produits augmente certains risques immédiats : malaise, bad trip, et surtout accident de la route. Voici ce que disent les sources officielles, et les bons réflexes si quelqu’un se sent mal.

En résumé

Associer alcool et cannabis augmente le risque de bad trip, un malaise physique et psychique parfois très angoissant.

Au volant, le cocktail cannabis et alcool multiplie par 29 le risque de provoquer un accident mortel, selon la Sécurité routière.

Le plus sûr est de ne pas mélanger les produits. En cas de malaise : ne pas laisser la personne seule, et appeler le 15 ou le 112 si son état inquiète.

Un produit « moins dangereux » que l’autre ?

On entend souvent que l’un des deux produits serait « moins dangereux » que l’autre. Il faut se méfier de ce raccourci : chaque produit a ses propres risques, et l’abus de l’un comme de l’autre est fortement déconseillé, surtout quand on est jeune.

Les deux produits n’ont pas la même toxicité. On peut mourir d’une consommation excessive d’alcool, par exemple d’un coma éthylique, alors qu’il n’existe pas d’overdose mortelle liée au seul cannabis (Drogues Info Service). Mais le cannabis expose à d’autres risques : dépendance, troubles de l’attention et de la mémoire, crises d’angoisse, qui peuvent survenir chez un usager régulier comme occasionnel.

Le risque de bad trip

Le premier risque du mélange est le bad trip. Associer cannabis et alcool fait partie des facteurs qui l’augmentent. S’y ajoutent le fait de fumer un produit très concentré en THC ou de consommer en étant fatigué ou angoissé.

Un bad trip se traduit par des tremblements, des sueurs froides, des difficultés à respirer, des palpitations, parfois des hallucinations ou de la confusion, et une angoisse intense pouvant aller jusqu’à une attaque de panique. Il peut survenir chez tous les usagers, réguliers ou occasionnels, même lors de la première prise.

En général, cet état ne dure pas et ne laisse pas de séquelles. Mais il est fréquent d’en ressentir les effets dans les jours qui suivent, et il peut falloir plusieurs semaines pour s’en remettre complètement : le corps récupère de cette anxiété intense. Pour en savoir plus, voir cannabis, anxiété et bad trip.

Que faire si quelqu’un se sent mal

Les gestes à adopter :

  • ne pas laisser la personne seule ;
  • l’emmener dans un endroit calme ;
  • la rassurer jusqu’à ce que les effets se dissipent.

Au volant, un cocktail particulièrement dangereux

C’est sur la route que le mélange est le plus meurtrier. Selon la Sécurité routière, conduire après avoir consommé du cannabis multiplie par 2 le risque de provoquer un accident mortel. Avec de l’alcool en plus, ce risque est multiplié par 29.

Les deux produits se retrouvent souvent ensemble dans les accidents : en 2016, la moitié des conducteurs contrôlés positifs aux stupéfiants dans les accidents mortels avaient aussi un taux d’alcool illégal (Sécurité routière). En 2024, 39 % des personnes tuées sur les routes l’ont été dans un accident impliquant au moins un conducteur sous l’influence d’alcool, de stupéfiants ou des deux (Observatoire national interministériel de la sécurité routière).

La loi est sévère. Conduire après avoir consommé des stupéfiants est puni de 3 ans de prison et 9 000 € d’amende, avec un retrait de 6 points. Si l’alcool s’y ajoute, les peines passent à 5 ans de prison et 15 000 € d’amende, avec un retrait de 9 points (service-public.gouv.fr). Il n’existe aucun seuil en dessous duquel conduire après avoir consommé serait permis. On peut être contrôlé positif plusieurs heures, voire plusieurs jours après la prise (Sécurité routière), et aucune source officielle ne donne de délai sûr pour reprendre le volant. Le plus simple est de prévoir un autre moyen de rentrer. Le détail est dans cannabis et conduite.

Et pour le cerveau ?

L’alcool est neurotoxique : il peut provoquer des lésions du cerveau. Le cannabis, lui, perturbe la concentration, l’attention et la mémoire, même en cas de consommation occasionnelle. Les risques de chaque produit restent donc présents. Pour les effets de l’alcool, voir alcool et cerveau, et pour ceux du cannabis, les effets du cannabis sur le cerveau.

Alcool, cannabis et médicaments

Si vous prenez un traitement, la prudence est de mise. L’alcool peut interagir avec des médicaments : leurs effets peuvent être renforcés, ou leur action modifiée. Le cannabis, en agissant sur le système nerveux, peut amplifier des symptômes déjà traités, par exemple des troubles dépressifs ou psychiatriques. Sous ce type de traitement, il est déconseillé de consommer alcool et cannabis : parlez-en à votre médecin. Voir aussi alcool et médicaments.

Limiter les risques

Toute consommation expose à des risques, et il est toujours préférable de s’abstenir. Si ce n’est pas possible, les conseils sont clairs :

  • ne pas mélanger le cannabis avec d’autres produits, alcool compris ;
  • ne pas consommer en étant fatigué, stressé ou angoissé, et rester avec des personnes de confiance, dans un cadre rassurant ;
  • ne pas conduire ni utiliser d’outils après avoir consommé.

Si l’alcool et le cannabis prennent une place importante, ou si vous avez du mal à vous en passer, vous pouvez en parler à un professionnel, ou appeler Drogues Info Service au 0 800 23 13 13 (appel anonyme et gratuit). Pour faire le point, voir la dépendance au cannabis, et pour une vue d’ensemble, le cannabis. Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.

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Questions fréquentes

Est-ce dangereux de boire de l'alcool et de fumer du cannabis ?

Le mélange augmente les risques. Associer cannabis et alcool augmente le risque de bad trip, un malaise physique et psychologique parfois très angoissant. Sur la route, le cocktail cannabis et alcool multiplie par 29 le risque de provoquer un accident mortel, selon la Sécurité routière. Toute consommation expose à des risques, et il est conseillé de ne pas mélanger le cannabis avec d'autres produits.

Que faire si quelqu'un fait un malaise après avoir bu et fumé ?

Ne le laissez pas seul, emmenez-le dans un endroit calme et rassurez-le jusqu'à ce que les effets se dissipent. S'il perd connaissance, respire mal, ou si son état vous inquiète, appelez le 15 ou le 112. Un bad trip ne laisse en général pas de séquelles, mais on peut en ressentir les effets plusieurs jours.

Combien de temps après un joint et de l'alcool peut-on conduire ?

Aucune source officielle ne fixe de délai sûr. Selon la Sécurité routière, on peut être contrôlé positif plusieurs heures, voire plusieurs jours après la prise, et la loi ne prévoit aucun seuil : la moindre trace de THC suffit à constituer l'infraction. Avec de l'alcool en plus, les peines sont alourdies. Le plus sûr est de ne pas conduire du tout : prévoyez un autre moyen de rentrer.

Le mélange alcool et cannabis abîme-t-il davantage le cerveau ?

L'alcool est neurotoxique : il peut provoquer des lésions du cerveau. Le cannabis perturbe à lui seul l'attention, la concentration et la mémoire, même en cas de consommation occasionnelle. Les effets s'additionnent sur le moment, et les risques de chaque produit restent présents.

Et si je prends un traitement ?

Prudence. L'alcool peut interagir avec certains médicaments, en renforçant leurs effets ou en modifiant leur action, et le cannabis peut amplifier des symptômes déjà traités, par exemple pour des troubles dépressifs ou psychiatriques. Sous traitement, il est déconseillé de consommer alcool et cannabis : parlez-en à votre médecin.

Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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