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Cocaïne

Le crack : ce qu'il est, ses risques et comment se faire aider

⏱ 6 min de lectureRédigé par l'équipe éditoriale Eos CarePublié le Mis à jour le

Crack, free base, « caillou », cocaïne basée : il s’agit toujours de cocaïne, transformée pour être fumée. Cette forme agit plus vite et plus fort que la poudre, et expose à des risques particuliers.

En résumé

Le crack est de la cocaïne « basée » pour être fumée. Ses effets sont plus intenses et beaucoup plus brefs que ceux de la poudre, et la descente est brutale : la dépendance peut s’installer vite.

Il expose aux mêmes risques que la cocaïne (cœur, cerveau, surdose), plus des complications pulmonaires et infectieuses. Des aides gratuites existent, y compris pour les personnes qui ne sont pas prêtes à arrêter.

Qu’est-ce que le crack ?

Le crack est une forme de cocaïne. On l’obtient en ajoutant du bicarbonate ou de l’ammoniac au chlorhydrate de cocaïne, la poudre. Le produit cristallise en petits cailloux, destinés à être fumés et, plus rarement, injectés.

Crack et free base sont identiques : le crack est vendu prêt, le free base est fabriqué par la personne. Il est inhalé dans la très grande majorité des cas, le plus souvent avec une pipe.

Comme la poudre, le crack est un stupéfiant : son usage est interdit (OFDT).

Crack et cocaïne en poudre : quelles différences ?

Des effets plus rapides et plus brefs

Selon l’OFDT, les effets de la cocaïne basée sont beaucoup plus puissants que ceux de la poudre. Ils apparaissent en 1 à 2 minutes, contre 15 à 30 minutes, mais ne durent que 10 à 15 minutes, contre environ une heure. Cette brièveté pousse à multiplier les prises.

Les effets recherchés sont l’exaltation de l’humeur, sentiment de toute-puissance, indifférence à la fatigue et à la douleur. Pour les effets de la cocaïne en général, voir les effets de la cocaïne.

Une descente brutale

Les effets disparaissent vite et laissent place à une descente, ou « crash », très brutale : grande fatigue, abattement, humeur qui s’inverse. L’état dépressif succède à la stimulation, l’anxiété et l’irritabilité à l’euphorie. C’est pourquoi les personnes, même quand elles consomment de façon occasionnelle, enchaînent souvent les prises jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de produit.

Qui consomme du crack ?

En 2023, 1,4 % des 18-64 ans avaient déjà consommé du crack ou de la cocaïne basée, et 0,4 % des jeunes de 17 ans en 2022 (OFDT). En 2021, on estimait à 48 000 le nombre de personnes ayant consommé de la cocaïne basée dans le mois. En 2022, sur les 14 000 personnes prises en charge en CSAPA pour la cocaïne, 19 % la consommaient sous forme basée.

Le crack, longtemps limité à des personnes en grande précarité, s’est diffusé à des milieux plus variés. C’est une drogue très stigmatisée, y compris dans l’accès aux soins.

Les risques propres au crack

Le crack expose aux mêmes risques que la cocaïne en poudre, auxquels s’ajoutent ceux de l’inhalation.

Les poumons

Les complications pulmonaires concernent presque uniquement les personnes qui consomment du crack. Elles se traduisent par une toux quasi constante, une respiration sifflante, des crachats noirs, parfois sanglants, et l’aggravation d’un asthme. À plus long terme peuvent survenir des hémorragies des alvéoles pulmonaires ou un pneumothorax. Des douleurs dans la poitrine et une toux ramenant du sang nécessitent des examens.

Le cœur et le cerveau

À chaque prise, quelle que soit la fréquence, le crack expose à une hausse de la tension, à des troubles du rythme cardiaque, à un infarctus, à un accident vasculaire cérébral (AVC) ou à des convulsions. Voir cocaïne et cœur.

Les infections

L’Inserm associe la consommation de cocaïne basée à un risque plus élevé d’infection par le VIH et la syphilis. Les pipes en verre, qui cassent facilement et conduisent la chaleur, exposent à des brûlures de la bouche et à des coupures, portes d’entrée pour les hépatites B et C, surtout quand le matériel est partagé.

La santé mentale et la mémoire

La cocaïne peut provoquer des crises de paranoïa ou d’angoisse, plus souvent associées chez les personnes qui fument du crack à une recherche compulsive du produit. L’Inserm indique que la cocaïne basée aggrave certains troubles psychiatriques, notamment psychotiques. Pour Drogues Info Service, l’inhalation est aussi le mode de consommation le plus nocif pour la mémoire et la prise de décision ; ces troubles régressent 6 mois à un an après l’arrêt.

La surdose et les mélanges

La surdose est une urgence vitale. Parmi ses signes : une accélération du cœur, des troubles de la vision, une transpiration excessive, des mâchoires serrées, une oppression dans la poitrine et des vomissements. Pour en savoir plus, voir l’overdose de cocaïne. Le mélange avec l’alcool forme un produit toxique, le cocaéthylène : voir cocaïne et alcool.

Une dépendance qui s’installe vite

La dépendance au crack peut s’installer rapidement. Ses effets sont plus rapides et plus brefs que ceux de la poudre, ce qui pousse à multiplier les prises, et la descente est plus violente. Le craving, besoin irrépressible de reprendre, est donc puissant et entraîne une consommation compulsive. Pour comprendre ce mécanisme, voir la dépendance à la cocaïne.

À l’arrêt apparaissent une grande fatigue, de l’anxiété, des difficultés à dormir et une humeur très déprimée. Ces symptômes commencent généralement quelques jours après la dernière prise et peuvent durer de 1 à 10 semaines (HAS). Une aide extérieure est alors utile.

Se faire aider

Selon l’Inserm (2026), aucun médicament n’a d’autorisation en France pour traiter le trouble de l’usage de la cocaïne, crack compris. Les approches psychologiques, comme les thérapies cognitivo-comportementales et motivationnelles, sont efficaces. Le soutien psychosocial est important. Pour en savoir plus, voir les traitements de l’addiction à la cocaïne.

Où s’adresser :

  • les CSAPA (centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) accueillent gratuitement et de façon confidentielle, avec médecin, psychologue et travailleurs sociaux, pour réduire ou arrêter ;
  • les CAARUD (centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) reçoivent les personnes qui ne sont pas engagées dans un arrêt. Gratuits, avec possibilité d’anonymat, ils proposent petits soins, matériel de réduction des risques, parfois dépistages et consultations ;
  • Drogues Info Service, au 0 800 23 13 13, répond de façon anonyme et confidentielle, aux personnes qui consomment comme à leurs proches.

Pour une vue d’ensemble, voir la cocaïne. Pour découvrir l’accompagnement proposé par Eos Care, voir le programme Eos Care.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le crack et la cocaïne ?

Le crack est de la cocaïne transformée avec du bicarbonate de soude ou de l'ammoniaque, en petits cailloux destinés à être fumés. Selon l'OFDT, ses effets sont beaucoup plus puissants, apparaissent plus vite (1 à 2 minutes contre 15 à 30 pour la poudre) et durent beaucoup moins longtemps (10 à 15 minutes contre environ une heure). Cette brièveté pousse à multiplier les prises.

Le free base, est-ce la même chose que le crack ?

Oui. Le crack et le free base sont deux produits identiques : de la cocaïne « basée ». La seule différence tient à la façon dont on se le procure. Le crack est vendu déjà prêt à fumer, sous forme de cailloux, tandis que le free base est préparé par la personne elle-même à partir de cocaïne en poudre. Les risques sont les mêmes.

Pourquoi le crack rend-il dépendant si vite ?

Ses effets sont immédiats, intenses et très brefs, et la descente qui suit est brutale : fatigue, abattement, humeur qui s'effondre. Cela crée un besoin irrépressible de reprendre (craving), qui peut apparaître quelques minutes après la prise. Les personnes enchaînent alors souvent les prises jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de produit, ce qui favorise une consommation compulsive.

Quels sont les dangers du crack pour les poumons ?

Les complications pulmonaires concernent presque uniquement le crack, du fait de l'inhalation. Elles se traduisent par une toux quasi constante, une respiration sifflante, des crachats noirs ou sanglants, un asthme aggravé, et à plus long terme des hémorragies des alvéoles pulmonaires ou un pneumothorax. Une douleur dans la poitrine ou une toux avec du sang doivent faire consulter rapidement.

Où trouver de l'aide quand on consomme du crack ?

Les CSAPA accueillent gratuitement et de façon confidentielle pour réduire ou arrêter. Si vous n'êtes pas prêt à arrêter, les CAARUD reçoivent sans rendez-vous, gratuitement et avec possibilité d'anonymat : petits soins, matériel, dépistages, écoute. Un numéro d'écoute national répond au 0 800 23 13 13, de façon anonyme. En cas de malaise, appelez le 15 ou le 112.

Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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