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Cannabis

Cannabis thérapeutique : le cadre en France, les indications et l'accès

⏱ 6 min de lectureRédigé par l'équipe éditoriale Eos CarePublié le Mis à jour le

On parle beaucoup de « cannabis thérapeutique » ou de « cannabis médical ». En France, il ne s’agit pas de joints sur ordonnance, mais de médicaments à base de cannabis, réservés à quelques situations médicales et très encadrés. Le cadre évolue : cette page fait le point d’après les informations publiées par l’ANSM, la Haute Autorité de santé et Service Public jusqu’en septembre 2026.

En résumé

Une expérimentation du cannabis médical a eu lieu en France de mars 2021 à fin 2024. Plus de 3 000 patients ont été traités.

Depuis mars 2024, aucun nouveau patient ne peut en bénéficier. Les patients déjà inclus continuent d’être traités à titre transitoire, dans l’attente d’un cadre durable prévu par la loi.

L’accès restera réservé à cinq situations, comme les douleurs neuropathiques ou certaines épilepsies, en dernier recours. Le cannabis médical ne se fume pas, et il n’a rien à voir avec le CBD vendu en boutique.

De quoi parle-t-on ?

Le cannabis à usage médical désigne des médicaments à base de cannabis, contenant du THC et du CBD dans des proportions variables : THC dominant, équilibré ou CBD dominant.

Ces médicaments ne se fument pas. L’ANSM a exclu la voie fumée en raison des risques pour la santé. Pendant l’expérimentation, deux formes étaient utilisées :

  • des huiles à prendre par la bouche ;
  • des fleurs séchées à vaporiser avec un appareil dédié, qui ne sont plus mises à disposition depuis mars 2024.

Cannabis thérapeutique, CBD et joint, ce n’est pas la même chose. Les médicaments contenant plus de 0,3 % de THC sont des stupéfiants, prescrits sur une ordonnance sécurisée. Ceux qui contiennent du CBD et 0,3 % de THC ou moins sont prescrits sur une ordonnance simple, selon l’ANSM.

L’expérimentation française (2021-2024)

L’ANSM a ouvert le dossier en 2018, face à des données scientifiques convergentes sur certains symptômes et à une demande croissante des patients et des soignants.

Les grandes étapes, selon l’ANSM et Service Public :

  • fin 2019 : la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020 autorise une expérimentation de deux ans ;
  • 26 mars 2021 : premier patient inclus ;
  • 27 mars 2024 : fin des inclusions, plus aucun nouveau patient ;
  • 31 décembre 2024 : fin de l’expérimentation.

Plus de 3 000 patients ont été traités et suivis pendant au moins six mois. D’après l’ANSM, les données des deux premières années ont montré un circuit de distribution sécurisé, une efficacité dans les indications retenues, maintenue sur plusieurs mois chez certains patients, et un profil de sécurité rassurant, avec peu d’effets indésirables graves.

Où en est-on en 2026 ?

Depuis la fin de l’expérimentation, les patients déjà inclus et toujours traités continuent de recevoir leur traitement, à titre transitoire. Cette période devait s’achever le 31 mars 2026. Elle a été prolongée jusqu’à trois mois après la publication de l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) sur ces médicaments. Au 14 septembre 2026, cet avis était encore à venir, selon Service Public.

Un cadre durable est en préparation :

  • la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 prévoit que chaque médicament à base de cannabis reçoive une autorisation de l’ANSM pour cinq ans, renouvelable ;
  • les textes d’application ont été notifiés à la Commission européenne le 20 mars 2025 ;
  • la HAS a été saisie en mars 2025 pour évaluer ces médicaments. Son avis déterminera s’ils seront remboursés, et à quel taux.

Comme pendant l’expérimentation, l’accès sera strictement réservé à la dernière ligne de traitement, sur prescription hospitalière initiale, dans les indications où l’efficacité est présumée, précise l’ANSM.

Pour quelles maladies ?

Le cannabis médical est envisagé quand les traitements disponibles, médicamenteux ou non, soulagent mal ou sont mal tolérés. L’ANSM a retenu cinq indications :

  • les douleurs neuropathiques résistantes aux traitements ;
  • certaines formes d’épilepsie sévères et pharmaco-résistantes ;
  • certains symptômes rebelles en cancérologie, liés au cancer ou à ses traitements (douleur, nausées, perte d’appétit, troubles du sommeil, par exemple) ;
  • les situations palliatives ;
  • la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou d’autres maladies du système nerveux central.

Ces cinq indications sont celles que la HAS doit évaluer, chez l’adulte comme chez l’enfant.

Qui ne peut pas en recevoir ?

L’ANSM liste des contre-indications :

  • des antécédents personnels de troubles psychotiques, comme la schizophrénie ;
  • une insuffisance hépatique sévère ;
  • une insuffisance rénale sévère ;
  • des maladies ou antécédents cardiovasculaires ou cérébrovasculaires sévères, comme un infarctus ou un AVC.

Le lien entre cannabis et troubles psychotiques est expliqué dans cannabis et psychose.

Les médicaments à base de cannabis déjà autorisés

En dehors de l’expérimentation, deux médicaments contenant des substances du cannabis ont une autorisation de mise sur le marché. La HAS les a évalués :

  • Epidyolex (cannabidiol, ou CBD) : en 2020, la HAS a rendu un avis favorable à son remboursement, en association avec le clobazam, contre les crises de deux formes rares d’épilepsie, le syndrome de Lennox-Gastaut et le syndrome de Dravet, chez les patients de 2 ans et plus dont les crises résistent aux traitements. Elle a jugé son intérêt important ;
  • Sativex (extraits de cannabis contenant du THC et du CBD) : en 2022, la HAS a rendu un avis favorable à son remboursement contre la spasticité modérée à sévère de la sclérose en plaques, chez l’adulte insuffisamment soulagé par les autres traitements. Elle a jugé son intérêt faible. Selon Drogues Info Service, il n’est pas encore commercialisé.

Ce qu’il faut savoir quand on est traité

L’ANSM rappelle plusieurs règles aux patients :

  • ne pas conduire pendant le traitement : le cannabis peut provoquer une somnolence ou des étourdissements, et altérer la coordination, le jugement et le temps de réaction. Les règles sur la route sont détaillées dans cannabis et conduite ;
  • ne jamais arrêter seul ni brutalement son traitement : l’arrêt se décide avec le médecin, qui indique comment le faire ;
  • garder sur soi l’attestation d’inclusion, qui justifie la détention de ces médicaments, et se renseigner avant de voyager avec son traitement.

Cannabis médical ou automédication : ne pas confondre

Le cannabis thérapeutique est un traitement prescrit, dosé, suivi par un médecin et délivré en pharmacie. Fumer du cannabis pour calmer une douleur, une angoisse ou pour dormir est autre chose. Cet usage « autothérapeutique » est un facteur de gravité de la consommation, à repérer.

Chez les personnes qui ont un trouble psychiatrique, le cannabis souvent utilisé pour apaiser les angoisses aggrave les troubles bipolaires et schizophréniques, selon des psychiatres addictologues relayés par Santé publique France : délires plus intenses, davantage d’hospitalisations.

Le CBD vendu en boutique n’est pas non plus un médicament : ses vendeurs n’ont pas le droit de lui attribuer des vertus thérapeutiques. Ce que l’on sait de ses effets est expliqué dans CBD et cannabis.

Si vous consommez du cannabis pour soulager un symptôme et que vous avez du mal à vous en passer, faire le point peut aider : les signes de la dépendance au cannabis. Pour une vue d’ensemble du produit, voir le cannabis. Et pour en parler avec un professionnel : l’accompagnement Eos Care.

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Questions fréquentes

Le cannabis thérapeutique est-il légal en France ?

Oui, mais dans un cadre très limité. Une expérimentation encadrée par l'ANSM a permis de prescrire des médicaments à base de cannabis de mars 2021 à fin 2024. Depuis, seuls les patients déjà inclus continuent d'être traités, à titre transitoire. Un cadre durable est prévu par la loi, mais il n'était pas encore en place en septembre 2026, selon Service Public.

Peut-on obtenir une ordonnance de cannabis médical aujourd'hui ?

Pas pour un nouveau patient, à la date de rédaction. Depuis le 27 mars 2024, plus personne ne peut entrer dans l'expérimentation, selon l'ANSM. Dans le futur cadre, l'accès sera réservé à la dernière ligne de traitement, sur prescription hospitalière initiale, pour quelques indications. Si vous souffrez d'une douleur ou d'un symptôme mal soulagé, parlez-en à votre médecin.

Quelles maladies peuvent être traitées par cannabis médical ?

L'ANSM a retenu cinq situations : des douleurs neuropathiques résistantes aux traitements, certaines épilepsies sévères pharmaco-résistantes, certains symptômes rebelles liés au cancer ou à ses traitements, les situations palliatives et la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou d'autres maladies du système nerveux central. Il s'agit toujours d'un recours après échec ou mauvaise tolérance des autres traitements.

Le cannabis médical se fume-t-il ?

Non. L'ANSM a exclu la voie fumée en raison des risques pour la santé. Pendant l'expérimentation, les médicaments étaient des huiles à prendre par la bouche et des fleurs séchées à vaporiser avec un appareil dédié ; les fleurs ne sont plus mises à disposition depuis mars 2024. Le futur cadre exclut lui aussi la combustion.

Le CBD vendu en boutique est-il du cannabis thérapeutique ?

Non. Le cannabis thérapeutique désigne des médicaments contrôlés, prescrits par un médecin et délivrés en pharmacie. Le CBD vendu en boutique n'est pas un médicament : ses vendeurs n'ont pas le droit de lui attribuer des vertus thérapeutiques. En dehors des médicaments autorisés, le CBD n'a pas de vertu thérapeutique reconnue.

Article rédigé par l'équipe éditoriale Eos Care

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé.

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